Petit temps, grands sourires et foil sous toutes ses formes

Il y a des week-ends où la météo écrit le scénario à votre place. Et puis il y a ceux où il faut aller chercher la course, composer, s’adapter et accepter que le spectacle prenne parfois des chemins différents de ceux imaginés au briefing.

Cette édition 2026 de la Transgolfe de Porticcio restera clairement dans cette deuxième catégorie.

Pendant trois jours, la baie de Porticcio a réuni un plateau aussi varié qu’esthétique avec des catamarans, des windfoils et des wingfoils, dans une ambiance fidèle à l’esprit de l’événement : sportive, accessible et résolument conviviale.

Le vent n’a jamais vraiment pris ses quartiers. Léger, parfois hésitant, souvent joueur. Suffisamment présent néanmoins pour permettre aux organisateurs de valider des manches et offrir de belles séquences de navigation. Parce qu’au final, les meilleurs week-ends de voile ne sont pas toujours ceux où ça souffle fort.

Des parcours qui ont récompensé les têtes autant que les bras

Côté catamaran, les concurrents ont unanimement salué la configuration des parcours proposés.

Dans des conditions de petit temps, la vitesse pure ne suffisait plus. Placement sur le plan d’eau, lecture des risées, gestion des transitions : les manches ont laissé beaucoup de place à la stratégie et aux choix tactiques. Une navigation ludique, où il fallait rester lucide jusqu’au dernier bord.

Après neuf courses disputées (avec deux retraits), la hiérarchie s’est dessinée progressivement avec une domination du Cata FRA 45 mené par Marc, Pauline et Baptiste Heintz, auteurs d’une série particulièrement solide. Derrière, Gabriel Cesari et Victor Gay accrochent une belle deuxième place tandis que le duo féminin Lucie Cesari – Livia Cianfarani-Provost complète le podium.

En foil, le moindre souffle comptait

Sur le plan d’eau, les supports à foil ont eux aussi dû faire preuve de finesse.

En Hydro Foil Windsurf, trois manches ont pu être validées malgré des conditions exigeantes. Chaque départ comptait, chaque erreur coûtait cher et les écarts sont restés serrés.

Au classement général, Nathan Salducci (CN Île-Rousse) s’impose avec régularité devant Jean-Philippe Giambino (SLN Porticcio) et Léandre Meynadier (CN Île-Rousse). Une flotte qui a montré qu’en foil, même dans peu d’air, le spectacle reste intact lorsqu’on sait exploiter le moindre souffle.

Le wingfoil a trouvé son terrain de jeu

S’il y a bien une flotte qui a su tirer profit des conditions légères du week-end, c’est celle du wingfoil.

Avec 16 inscrits, c’est même l’une des flottes les plus fournies de cette Transgolfe 2026.

Sur un plan d’eau parfois avare en pression, les manches ont demandé exactement ce qui fait aujourd’hui la richesse de la discipline : du rythme, de la finesse de pilotage, de la lecture d’eau et surtout une capacité à rester connecté au moindre souffle.

Quatre courses ont pu être disputées (avec un retrait appliqué au classement final), suffisamment pour faire émerger une hiérarchie solide sans jamais rendre les manches prévisibles.

Au classement général, Noé Cuyala (BN Mare e Vela) réalise un week-end presque parfait. Après avoir écarté sa manche de lancement, il aligne ensuite trois victoires consécutives et s’impose avec autorité.

Derrière lui, Jean Karol (SLN Porticcio) signe une prestation très régulière devant son public pour décrocher la deuxième place, tandis que Ethan Hamidi Botte (Calvi NC) complète le podium après une série maîtrisée du début à la fin.

À noter également la belle performance de Davia Armellini (Bonifacio Windsurf) qui termine au pied du podium dans une flotte dense et relevée, confirmant une nouvelle fois la progression du support sur l’île.

Noe cuyala transgolfe 2026

Quand le programme change… mais que le spectacle reste

Initialement, le programme devait aussi accueillir une épreuve de freestyle.

Les conditions ont finalement conduit l’organisation à revoir sa copie et à remplacer ce format par un contest de tow-in foil.

Un changement de cap assumé qui a permis de maintenir l’animation sur l’eau et de proposer un autre visage du foil : plus libre, plus démonstratif, mais toujours aussi spectaculaire.

L’esprit Transgolfe

Au-delà des classements, cette édition confirme ce qui fait la singularité de la Transgolfe.

Un événement capable de faire naviguer ensemble plusieurs cultures de glisse, où l’on passe d’un bord tactique en catamaran à un vol silencieux en foil, avant de refaire la manche à terre.

Peu de vent, peut-être. Peu d’intensité, certainement pas.

Rendez-vous l’année prochaine.

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